Ce n'est pas seulement la version française du titre d'un slasher (et de ses deux suites)...
L'anecdote de la mort prématurée de Pascal SEVRAN, rapportée aux multiples décès dont nous nous sommes faits l'écho ici, nous a amené à tenter un rapprochement audacieux.
Vous savez à quel point nous aimons être monstreux, à quel point nous aimons, à intervalles réguliers, tuer Grégory LEMARCHAL ou Steevy. Entre autres.
Vous savez également à quel point les hoax nous insupportent, en particulier lorsqu'ils font l'objet de chaînes polluant nos boîtes mail.
Mais alors...
Que se passerait-il si on mélangeait les deux?
Le résultat serait un vrai truc de gue-din. Les lignes qui suivent risquent de vous surprendre, de vous décevoir, de vous choquer, de vous faire ouvrir vos grands yeux pleins d'espoir tandis que
nous y déverserons le gravier grumeleux de la vérité (ou de ce qui s'en approche plus ou moins, magie de l'internet oblige), que nous ouvrirons au pied de biche vos paupières scellées par
l'insousiance et la crédulité, bref, que nous ruineront vos espoirs et vos croyances Z'enfantines en ces histoires fofolles.
Et en plus, j'aime ça.
C'est parti!
On commence fort: la dramatique et douloureuse histoire de Ragott est une légende urbaine, datée de 1998. Kiki, Armageddon, le hamster-roquette, tout est faux!
Cela n'enlève, bien sûr, rien à la légende, que dis-je à la légende, au mythe Ragott.
J'ouvre ici une petite parenthèse à propos de ces histoires de mythes et légendes.
Un mythe, si l'on en croit mon ami le dictionnaire (et aussi Eric SAVAUX, qui y a consacré sa thèse, mais c'est une autre histoire), est "un récit relatif à des temps ou à
des faits que l'histoire n'éclaire pas, et contenant soit un fait réel transformé en notion religieuse, soit l'invention d'un fait à l'aide d'une idée". Ou, plus largement, "l'exposé
d'une théorie sous forme allégorique". Le terme vient du grec "muthos", parole, fable.
Une légende, selon le même, peut se comprendre comme "un récit populaire reposant sur un fond historique plus ou moins altéré, ou du moins prétendu historique". C'est
une forme compliquée issue du latin "legere", lire, et signifiant littéralement "devant être lu".
Mais alors, quelle différence, me direz-vous, soudain emplis d'une angoisse vous étreignant le système digestif comme aucun chili ne l'avait fait jusqu'ici?
Tout est dans le sens qu'on leur donne... La légende se rattache plus volontiers à la tradition, à la culture populaire, tandis que le mythe s'élève au statut d'idée, plus fédératrice, voire de
religion. On parle plus de mythologie que de légendologie.. Et je referme la parenthèse.
D'autres exemples? Les crocodiles et autres tortues ninjas dans les égoûts, l'anniversaire surprise en pleine séance de dégustation canine de Nutella (version européenne)/beurre de cacahuète
(version américaine)... Effrayantes ou drôles, elles sont souvent tellement invraisemblables qu'elles ne peuvent être que véridiques...
Ce qui est intéressant, avec les légendes urbaines, c'est leur persistance, liée au fait que tellement de gens les rapportent, parfois même télévision, radio ou internet, que c'est forcément
vrai. Et ça l'est parfois!
Un double exemple:
- Le fameux gamin de l'Ecole des fans racontant à Jacques MARTIN (qui est mort), selon les versions, que mercredi c'est pizza/sandwich car sa maman fait des choses avec son tonton, c'est
faux!
- Le non moins fameux exemple de la version américaine des Z'amours, dans lequel, à la question "quel est l'endroit le plus insolite dans lequel vous ayez fait l'amour", la candidate,
confuse puis hilare, répond "dans le derrière", c'est vrai!
Parfois, légendes urbaines et réalité se rejoignent.
Cela donne deux catégories géniales, représentatives dans un sens comme dans l'autre de l'inventivité du genre humain, et justement récompensées pour cette même raison.
D'un côté, les Darwin Awards, saluant l'amélioration du patrimoine génétique humain par ceux s'en sont, avant de procréer, accidentellement soustraits... autrement dit, ils
récompensent les morts ou stérilisations les plus stupides. Des exemples? Mais certainement:
- allumer un briquet dans une citerne à essence pour vérifier s'il reste... de l'essence;
- fumer une cigarette à l'hôpital alors que l'on a le corps enduit, en raison d'une maladie de peau, d'une crème à base de paraffine (hautement inflammable);
- consulter ses mails sur son ordinateur portable en conduisant sur l'autoroute;
- se prendre une cuite (si, si...) au moyen d'un dispositif à lavement, qui continue à fonctionner après que le stade du coma éthylique ait été atteint;
- tagger le toit d'un train et, levant les bras en signe de victoire une fois le forfait accompli, entrer en contact avec les 15.000 Volts de la ligne d'alimentation;
- rentrer saoûl, par la fenêtre de la cuisine, glisser et tomber la tête la première dans l'évier en ouvrant le robinet, sans reprendre conscience (et avec les clés de la porte d'entrée dans la
poche);
- vouloir démonter une petite roquette en roulant dessus (marche pas), puis en l'attaquant au marteau-piqueur (marche), etc...
De l'autre, les Stella Awards, récompensant la malignité et la mauvaise foi de certains plaideurs ayant réussi à obtenir gain de cause devant un tribunal. Le nom de Stella vient
de Stella LIEBECK, qui s'était brûlée avec un café Mc Donald's et avait obtenu un gros dédommagement.
On peut citer un exemple amusant, vraisemblablement faux mais tout de même très imaginatif:
Un citoyen de l'Etat de Floride, avocat de profession, réussit à importer un lot de 20 cigares cubains, pour un prix tellement prohibitif qu'il les fait assurer. Puis, sa passion du tabac
prenant le dessus, il les fume... et demande à son assureur de le dédommager pour la perte de ses biens. L'assureur réplique en argant de la clause du contrat selon laquelle il a volontairement
détruit ses cigares. Qu'à cela ne tienne, l'avocat épluche le contrat et invoque, avec succès, la clause prévoyant le dédommagement en cas d'incendie. Et chaque cigare a disparu en raison d'un
petit incendie...
On pourrait y ajouter une troisième catégorie, en pleine expansion... le "tellement faux que ça pourrait être vrai, mais quand même pas, à moins que". Les aventures de notre chef de
chantier fan de Queen sont là pour en témoigner...
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