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Mister D. et Mister H.
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Il y a 1 e-lecteur(s) sur ce blog
Chers Z'enfants gastronomes,
Après une longue interruption, et en dépit d'une annonce faite il y a longtemps, je me dois de repousser la recette du "repas impresionnant pour garçon pas doué".
En effet, la faim tiraille vos estomacs encore en pleine croissance, et j'ai reçu une supplique de la part de l'un d'entre vous. Un z'enfant que je qualifierai de monstre m'a demandé une recette
de lapin. Soit, chez HD-Ready, nous entendons vos suppliques. On attend un peu, histoire de les savourer, mais on les entend.
Il y a plein de recettes de lapin. Alors, parce que la faim justifie les moyens (oui, bon), en voici une.
Difficulté: pas super facile, mais pas infaisable non plus.
Temps de préparation: relativement long.
Que faut-il pour un lapin à la moutarde?
- un lapin (ou, à défaut de lapin vivant, des morceaux de lapin, vous pouvez choisir par exemple des pattes, ou du râble, ou les deux), comptez environ 200g de lapin par personne.
- de la moutarde (un pot standard suffira amplement)
Mais aussi
- 50g de beurre
- 50g de farine
- un oignon normal (ou quelques petits oignons nouveaux)
- une gousse d'ail
- du thym ou du basilic (plutôt du thym)
- de la crème fraîche (plutôt épaisse)
- sel, poivre
- huile (d'olive, vous êtes habitués maintenant)
Et encore
- une poêle
- une cocotte (avec un couvercle. Pour les sceptiques, il ne s'agit pas d'une cocotte minute. Au pire, une grande casserole fera l'affaire)
- un truc pour touiller (une cuillère en bois, par exemple)
- une assiette
Comment faire?
C'est très simple.
- Attrapez le lapin. Admirez son regard humide, son petit nez frétillant.
- Chopez-le par les oreilles, et à l'aide d'un instrument contondant (batte de base-ball, par exemple, mais un rouleau à pâtisserie fera l'affaire ou, si vous aimez Chuck Norris, un bon atemi
asséné avec violence), donnez-lui un coup brutal sur la nuque. S'il n'est pas mort, recommencez.
- Pendez-le par les pattes arrière, et écorchez-le (quelques incisions bien placées sur les pattes arrière vous donneront une prise, et ensuite hop, tirez un coup sec et vous lui ôterez son
pyjama). N'oubliez pas de faire sauter les yeux.
- Laissez-le comme ça pendant 24 à 48 heures, si possible dans le garage (dans le salon, c'est moins seyant).
- Débitez-le en morceaux.
- Faites chauffer environ 3 cuill. à soupe d'huile d'olive dans la poêle, sur feu vif (carrément 6 pour une plaque électrique) (pour savoir quand c'est suffisamment chaud, jetez une goutte
d'eau dans la poêle: si elle vous resaute dessus, c'est bon)
- Faites dorer les morceaux de lapin dans la poêle, en les retournant. Cela devrait prendre entre 5 et 10 minutes.
- Mettez le lapin doré dans l'assiette.
- Hachez l'oignon et l'ail grossièrement. Si vous avez des oignons nouveaux, laissez-les tels quels, avec deux ou trois centimètres de vert.
- Dans la cocotte, mettez le beurre à fondre (feu moyen à doux, disons th. 3), puis ajoutez la farine et remuez tout ça afin d'obtenir un fond de sauce (c'est un roux brun).
- Le lapin a un peu refroidi maintenant. Profitez-en pour enduire les morceaux de moutarde (une bonne couche, n'hésitez pas, ce sera l'essentiel de la sauce).
- Sel, poivre, thym sur le lapin.
- Remettez le tout dans la cocotte, à feu doux (th. 2), couvrez, et laissez cuire pendant 40 à 45 minutes. Jetez un oeil et remuez un peu tout ça de temps en temps quand même.
- Découvrez, débrouillez-vous (avec un couteau par exemple) pour racler la moutarde sur le lapin pour qu'elle retombe au fond de la cocotte.
- Ajoutez de la crème fraîche (à volonté, c'est vous qui voyez), liez un peu cette sauce en remuant.
- Recouvrez, et laissez mijoter pendant encore 20 minutes.
C'est prêt.
Vous pouvez le servir avec des petites patates sautées, ou bien avec des haricots verts (pour que lesdits haricots soient moins tristes, vous pouvez les faire sauter à la poêle une ou deux
minutes avec un petit peu d'ail et de persil), ou bien avec ce dont vous avez envie, le lapin ça va avec tout.
Et là, me direz-vous, que fait-on de la peau du lapin.
Vous pouvez la racler, la tanner, et si vous avez des talents de couturier(e), vous en faire un joli porte-monnaie à oreilles. C'est très tendance, et c'est très doux.
La prochaine fois: une recette de carbo qui change (un peu).
Croyez bien que j'en suis navré, cher France-Bleu. Non, Johnny D. ne s'est pas présenté à moi, ni même Tim B. Mais ces deux joyeux drilles ne sont pas les premiers à avoir pensé à cette fantastique recette qu'est la tarte aux chatonx.
En des temps un peu plus reculés, déjà, un certain Roman P., accompagné de son acolyte d'alors Walter M., avaient fabriqué un protoype, en se servant de véritables chatons (ce qui, je le répète, est très très fade). Sans atteindre l'excellence culinaire du produit définitif, le résultat était tout de même amusant... voyez Pirates! pour vous en assurer.
Cher, estimé, royal, succulent, délicieux, amical, formidable, délectable, Mister D.
Bien que la découverte de ta ginettemathiophilie me comble d'une joie assez proche de la béatitude, je ne peux que soulever une difficulté qui me parait, en l'état actuel des choses, bien difficilement surmontable et qui risque de provoquer chez quelques z'enfants prompts à suivre les conseils du maître, quelque déconvenues fort contrariantes.
Reprenons en effet :
Etape 1 : La course au lapin... fort bien... Rien à redire *note pour moi-même : penser à ne pas rire en imaginant Mister D. sautillant tel un faune bondissant au milieu de la garenne à la poursuite de son déjeuner"
Etape 2/ L'assassinat, là encore, parfait. Les z'enfants... en une fois, c'est mieux... Encore que... Ca dépend si on veut rire...
Etape 3/ Le déshabillage... opéré de main de maître. Je ne dirai rien de plus...
Là où ça déconne, là où, que dis-je et pour plagier un délicieux ami à moi que la bienséance m'interdit de nommer mais suivez mon regard, là où, disais-je donc avant d'être grossièrement interrompue par Desproges, là où... ça chie dans le ventilo c'est quand on passe à la découpe...
Alors là, non. NoN, nON, et re-NON car alors, quid de la tripaille lapinesque, quid du boyau lagomorphe, de l'estomac et du poumon-vous-dis-je-le-poumon léporidés ?
Y'a pas... comme disait le Grand Ernie en discutant (sous l'effet, sans nul doute d'une substance parfaitement illicite) avec son grand ami Pantagruel :
un lapin non vidé n'est point mets de gourmet
En dehors de cette petite omission, cette recette est divine. Pour agrémenter sans révolutionner, je te suggère également l'emploi de délicieuses petites échalotes fendues en deux dans la longueur en lieu et place des oignons... C'est assez plaisant.
Chère très estimée aussi Soph', pourvoyeuse de repas majestueux, hôte à nulle autre pareille (sauf peut-être Steph, mais bon), détentrice de la réponse à LA question,
C'est pas juste de me griller là-dessus. Figure-toi qu'en relisant mon article, peu après sa publication (à la recherche de fautes persistantes, les saletés se glissent partout), je me suis dit: "tiens, je n'ai pas précisé qu'il fallait vider le lapin avant de le découper".
Or, oui, c'est un problème, car un lapin non vidé expose effectivement à de fort contrariantes déconvenues: il gonfle, se vide sous la pression, et dégage vite une odeur jusqu'à Freux (à côté de Bominable, c'est dire).
Las, je me suis alors dit "bon, pas grave, les Z'enfants penseront bien à vider le lapin avant de le dépecer". Cruelle negligence, je le constate aujourd'hui. Mea culpa, mea maxima culpa, qu'on me passe des orties fraîches pour que je m'en fouette ou, à la rigueur, un poireau.
Merci donc, à la fois pour cette appréciation, mais aussi de garder un oeil plus que vigilant sur la rigueur scientifique de ce journal, et en particulier sur l'exactitude d'exécution de mes expérimentations culinaires.
Chère confrère ginettemathiotophile, bonsoir.
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