Qui sommes-nous ?

Tenez-vous au jus !

  • Flux RSS des articles

Vos derniers mots...

Jeudi 13 mars 2008

publié dans : Revoir ses classiques

A l'issue d'une discussion très sympa avec l'un d'entre vous, qui nous a menés jusque tard dans la nuit, je me suis retrouvé en tête à tête avec Morphée sur les coups de 3h du matin. L'assoupissement fut classique, tourbillonnant, ennivrant, clatefollement choupique et divinement rassasiant de sommeil enfin trouvé.

Autant l'assoupissement n'a pas porté à conséquences, autant je ne peux pas dire de même du réveil. Aux alentours de 6h10, tandis que les premiers rais de Râ tentaient de percer la frontière de mes paupières closes, j'ai été brusquement extirpé de mon dodo par un rêve épouvantable. Un rêve de ceux qui vous laissent moite, transpirant, haletant, suintant et dégoulinant d'une angoisse matinale subversive et handicapante : un cauchemar.

Réel, palpable, goûtu, odorant, pétillant, mon paradoxe cérébral m'a troublé.
Point de monstres dans mon cauchemar. Non, l'expérience universitaire à vos côtés, Z'enfants, m'a montré s'il en était besoin que les monstres, sous des dehors hostiles, sont gentils.
Point de vieux dans mon cauchemar, point de ces horribles enfants mal élevés que Mister D. (mon N'héros yotal) et moi-même pourfendons de nos acerbes plumes acides et incandescentes.
Rien d'angoissant, rien de flippant, rien qui puisse faire peur, rien qui puisse troubler.

Je me trouvais en sympathique compagnie dans un lieu fantasque aux allures charmantes. J'étais accompagné de mon Pote Fondamental et nous célébrions ensemble une occasion sans importance, une coupe de champagne à la main.
Le coeur de mon cauchemar réside entre les bulles de ce breuvage doré : c'était un mauvais champagne.

Fin du rêve, sursaut angoissé, réveil courroucé. 

Quoi ? Moi ?! Du mauvais champagne ?! Jamais ! Grande et douloureuse était ma surprise. Il était temps (petit navire) que je prisse le mors au dents et que j'en avisasse les Z'enfants et les Z'enfants. Alors pédons ensemble, soyons festifs : apprenons à choisir un bon champagne et à le déguster.

Ooooh, je vois déjà poindre les premières questions, notamment celle du prix ! Je dis non ! Je dis même "Niet" ou "no", ou encore "nein" ou "nada" ou rien d'autre... Vous pouvez déguster un excellent champagne à partir de 15 € la bouteille, à condition de savoir où le chercher.
Ma démonstration se déclinera sur deux axes de réflexion, en cherchant d'abord ce qu'il faut boire (I) avant de savoir comment le boire (II).

I - Que boire ?
Le choix de la bouteille est primordial ! Dans ces conditions, il faut savoir où trouver un bon champagne (A) avant de voir comment choisir une bonne bouteille (B).

A) Où trouver un bon champagne ?
La réponse est très simple, on peut trouver un bon champagne partout.
Cependant, plus la surface de vente est importante et plus le risque de choisir, involontairement, un mauvais champagne est grande. L'offre est multiple dans les enseignes de grandes surfaces, et la tentation est fréquente de délier la bourse pour acheter à vil prix une bouteille tentante. On a souvent l'impression qu'en y mettant le prix, on se garantit un bon breuvage : c'est faux.
Si vous allez chez un caviste, il aura l'avantage de pouvoir vous conseiller. A condition que ce caviste soit diplômé en oenologie (prononcez "énologie" merci). Dans le cas contraire, vous tomberez sur un commercial qui verra en vous un gogo, gentil, et peu rétif à la dépense dès lors qu'elle est justifiée par des phrases absconses et inutiles.
Si vous avez l'occasion, allez directement en Champagne et faites le tour des maisons. De même que le droit n'existe pas sans la confrontation des esprits, le goût n'est rien sans l'exercice du palais. En outre, la Champagne à l'Automne est un régal pour les yeux et pour le nez, c'est une région qui fleure bon le bois mouillé et la feuille morte, le champignon rare et la mousse tendre. Cependant, si vous allez vous fournir à la source pétillante du nectar merveilleux, il est rare que les maisons vendent à l'unité les flacons de votre ivresse. Faites des commandes groupées : prévenez vos amis, et achetez une ou deux caisses...

B) Comment choisir une bonne bouteille ?
Alors, il y a un "truc" que peu de personnes connaissent : la catégorie du champagne. Sur l'étiquette de la bouteille, vous trouverez (généralement tout en bas) deux lettres. Elles représentent le statut professionnel du producteur. Du meilleur au moins fameux, voici la classification. Si ces deux lettres sont absentes : ce n'est pas du champagne !

RM signifie "Récoltant manipulant". Ce sigle représente le cas de ceux qui produisent, récoltent et préparent leur propre vin avec leur prore raisin. Ce sont généralement de petits producteurs et la qualité de leur vin est souvent liée aux aléas climatiques. Ainsi, parfois, ce sont d'excellents champagnes et parfois des champagnes médiocres. Sauf dans des cas
rares où ils diposent de suffisamment de terrain pour pouvoir gérer les aléas météorologiques. Cette catégorie supérieure n'est pas trouvable en grande surface. Mais si vous faites le déplacement en Champagne, vous le trouverez à un prix bien moindre que la pire piquette buleuse du supermarché du coin.

NM signifie "Négociant manipulant" . Il s'agit de maisons qui préparent leur vin à partir de leur propre récolte ou du raisin d'autres vignerons. La qualité de ce champagne est excellente et stable. On le trouve en grande surface sous de grandes marques (
Mumm, Cliquot-Ponsardin, Canard-Duchêne...)

CM signifie "Coopérative de manipulation". Il s'agit d'un vin préparé par une coopérative de vignerons qui mélange les différents raisins, sans chercher la qualité. C'est un vin de qualité moyenne, parfois vendu très cher.

Les catégories qui suivent ne réprésentent pas un bon rapport qualité-prix. On achète souvent cher les bulles très grosses (du gaz carbonique, CO2) et le verre (Silice, SiO2), ce qui fait cher le dioxygène, salut Aude !
RC signfie "Récoltant coopérateur". Le viticulteur confie ses raisins à sa coopérative pour qu'elle élabore le vin, puis récupère tout ou partie des bouteilles terminées pour les commercialiser.
SR signifie "Société de récoltants". Assez rare, le plus souvent familiale, elle élabore et commercialise en commun.
ND signifie "Négociant distributeur". C'est un négociant qui achète des bouteilles terminées à d'autres opérateurs, et les commercialise sous sa propre marque. 
MA signifie "Marque d'acheteur". Un commercialisateur a demandé à un négociant d'apposer sa propre marque sur des bouteilles qu'il a achetées. Produit le plus souvent ordinaire et de qualité gustative très moyenne, très médiocre...

Divers-071.jpg
(Sigle "RM" en bas d'une étiquette de champagne Bauchet)

II - Comment boire ?
Quand on sait la dûreté du métier de vigneron et la rage que ces hommes ont au coeur pour mettre autant de bonheur dans des flacons aussi mignons, on doit considérer que boire du champagne exige un doigt de respect dans une grande dose de bonheur. Donc, on ne le boit pas à n'importe quelle température (A), ni n'importe comment(B).

A) A quelle température servir le champagne ?
La réponse du spécialiste : froide. Voilà, bien avancé !
Le température doit avoisiner les 6° pour un champagne jeune et les 10° pour un millésime. Le must, le top pour rafraichir une bouteille est de la laisser une trentaine de minutes dans un seau à champagne (beaucoup d'eau et peu de glace). On n'a pas tous ça à la maison. Renoncez au congélateur du dernier moment qui ne rafraichit pas, mais qui refroidit brutalement, les qualités gustatives sont souvent maltraitées. Si vous avez envie de boire un champagne à bonne température, placez-le le matin dans le bac à légume du réfrigérateur, il sera idéal le soir.

B) Comment bien boire un bon champagne ?
Bien boire un champagne relève d'une alchimie qui fait intervenir trois éléments. D'abord la conservation de la bouteille (1), ensuite le contenant du breuvage (2) et enfin l'accompagnement du vin (3).

1. Conserver une bouteille dans de bonnes conditions.
Ce conseil vaut pour tous les vins : ils ne se conservent pas debout, mais uniquement couchés. En effet, si vous laissez une bouteille debout, le bouchon (quelle que soit sa composition) sera en contact avec l'air de la bouteille. A ce contact, le bouchon s'oxydera et risquera de se désagréger au moment de l'ouverture. De toutes façons, son oxydation altèrera la qualité de votre vin.

2. Le contenant.
J'ai longtemps aimé boire le champagne dans des coupes. L'histoire de la coupe de champagne remonte à la cour du roi Louis XV qui avait demandé aux maîtres verriers de Versailles de prévoir un verre de cristal qui aurait la forme de la mamelle de la Comtesse de Pompadour. En fait, c'est une hérésie de boire le champagne là-dedans, car la surface en contact avec l'air est très importante. De ce fait, le vin se réchauffe très vite, perd très vite ses bulles et s'oxyde avant même que la coupe soit bue. Préférez un verre fin tel qu'une flute. A défaut de flute (que vous pouvez trouver à 1€ la demi douzaine chez Ikéa), un verre classique sera toujours mieux qu'une coupe.

3. L'accompagnement.
Le champagne est un vin définitivement à part. Contrairement aux autres nectars, ce n'est pas lui qui accompagne le plat, c'est le plat qui l'accompagne. Sortez des sentiers battus. Présentez-les avec des plats originaux. Et pourquoi pas un repas au champagne ? Un brut pour l'apéritif, un extra-brut (peu de sucre) pour un poisson cru ou des fruits de mer, un champagne rosé pour les viandes ou les fromages, et un sec ou demi-sec (sucré) pour les desserts ?
Quel que soit le choix de votre champagne, ne l'euthanasiez pas avec un sirop quelconque, c'est aussi criminel que de mettre du coca ou du perrier dans un bon whisky.
Quant à la question rituelle : "à quelle occasion boire du champagne ?", sachez-le, Z'enfants, il n'y a aucune occasion particulière pour ça. Le plaisir n'a rien d'exceptionnel. Donc à la question "pourquoi boire du champagne ?" je répondrais sans forfanterie : "Et pourquoi pas ?"...


Voilà, c'est tout : la prochaine fois, nous verrons ce qu'on peut faire d'un médiocre champagne.



Alors, HD-Ready ne vous avait-il pas promis une
année pétillante avec "des bulles de champagne" ?

par Mister H.
commentaires (7)    ajouter un commentaire recommander
Retour à l'accueil

Un choix sur la date

Janvier 2009
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  
<< < > >>

Vous cherchez ?

Diffusez ce journal

Cliquez ici pour recommander ce blog
Blog : Sport sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus