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Vendredi 14 mars 2008

publié dans : Revoir ses classiques

En mon for, je me disais : "Ca fait un bail que je n'ai pas fait un petit point de grammaire pour les Z'enfants".

Aujourd'hui, chères Vous et chers Vous-aussi, un peu de temps pour différencier ce qui relève du pataquès et ce qui relève du simple lapsus. Car à nouveau, c'est quand les langues se prennent les pieds dans le tapis que l'on tombe de surprise à la renverse.

Or, rien n'est plus douloureux qu'une surprise malvenue, surtout quand elle surprend, ce qui, sans être surprenant, est son rôle. Point.

La question vous angoisse, pas vrai ? assoiffés que vous êtes par une culture à portée de main, une culture gentille, accessible, fluette, douceâtre, sucrée, gourmande, fofolle, clatefollement choupique et escabotinement hystéro-glinglin. Votre soif de savoir est bien légitime.

Un lapsus est le fait de remplacer un mot par un autre de façon involontaire. On distingue à cet égard le lapsus linguae pour les remplacements oraux du lapsus calami quand il a lieu à l'écrit. La déclinaison moderne du lapsus calami est le lapsus clavis. Le terme "calami" renvoie à la plume, le mot "clavis" fait référence au clavier, c'est le mot scientifique pour "faute de frappe". Ca arrive à tout le monde de faire un lapsus, les plus célèbres étant oraux, naturellement.

Exemple 1 : Jack LANG, Ministre de la Culture élève Georges MOUSTAKI au grade de chevalier des arts et lettres.

J.L.: "...Cher Monsieur Mousta-cul... euh... ki... Georges MOUSTAKI... oui... pardon..."

Exemple 2 : Charles PASQUA s'adresse en pleine conférence de presse à Edouard BALLADUR en 1995, trois mois avant l'élection présidentielle.

C.P.: "... Merci Monsieur le Présid... euh... Monsieur le Premier Ministre..."

Exemple 3 : C. du groupe 4 nous explique qu'il déborde un peu du cadre du cas pratique de Monica et Chandler.

C. : "... oui, mais là je pense que je fais un peu de la stipulation..."
Mister H. : "Je vous demande pardon ? De la quoi... ?"
C. : "... stipu... non non... spéculation..."
Mister H. : "Oui, ça me semble mieux, vous serez sur le blog cette semaine..."
C. : "Nooon, s'il vous plait... nooooon..."
Mister H. : "Si si.".

Exemple 4 : C. une ancienne Z'enfant de l'an dernier, sur une question relative à la filiation.

Mister H. : "Quels sont les modes de preuve privilégiés en droit de la filiation, l'expertise sanguine, et ?"
C. : "L'empreinte génitale... euh..."
Mister H. : "Vous voulez dire "génétique" ?"
C. : "Oui, voilà..."
Mister H. : "Oui parce que sinon, je ne vous raconte pas la taille du tampon encreur..."

Le pataquès, c'est totalement autre chose. Le terme "pataquès" est d'origine paysanne, issu d'un vieux dialogue qui, à lui seul, suffit à expliquer la teneur de la question. Jugez plutôt (le iench à qui ?) :

- A qui il est ce chapeau ?
- Je sais pas, il est pas t'à toi ?
- Non, il est pas t'à moi...
- Il est pas t'à moi non plus... bah je sais pas t'a qui est-ce.

Le pataquès est également appelé "laison mal t'à-propos". Ca arrive, mais seulement à l'oral. Forcément, à l'écrit, ça n'existe pas. On en fait tous, notamment avec les chiffres quatre et huit. On entend souvent les "quatre z'auteurs du Code civil" ou les "huit z'amis du Docteur Knock"...
Mais le pire pataquès est plus subtil. Plus sournois.

Il est surtout beaucoup plus célèbre.
Ecoutez donc et trouvez le monstreux pataquès dans la chason chanson [Merci Mégan, merci Mister D.] d'Eddy MITCHELL qui n'est qu'une tapette (faudra lui dire).


(E. MITCHELL :  "Le sermon du boogy-woogy")
par Mister H.
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