
Vous en êtes les héros, vous y avez un droit d'expression libre, à plusieurs conditions :
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place sur ce journal qu'à condition qu'ils ne soient ni prosélitistes ni agressifs.
Bon voyage dans votre univers, n'hésitez pas à le faire connaître au plus grand nombre.
Nous ne sommes pas opposés à l'idée de référencer d'autres journaux, dès l'instant que ceux-ci sont bienveillants et ne véhiculent pas d'idées polémiques sur la faculté.
Bien à vous toutes, bien à vous tous,
Mister D. et Mister H.
Merci aux
Je vous le décrivais rapidement ici, la nuit (hormis que tous les chats sont gris), les sens sont sublimés. L'ouïe notamment est stimulée par le moindre bruissement sourd d'un buisson sournois et la vue est
agacée aussitôt qu'une source de lumière fragile agace cônes et bâtonnets. Or, la nuit, certains spectacles attirent l'attention, et aiguisent bien légitimement la curiosité du promeneur rêveur
endormi.
Écoutez la nuit : elle vous parle, elle vous crie, elle vous susurre des crissements acides et des grincements sourds. Avez-vous jamais remarqué que la nuit, les criquets, les grillons et
les sauterelles ne forment qu'un choeur unique qui sonne à l'unisson ? Or, pourtant, quoiqu'on puisse en penser, il n'y a pas qu'un énoooorme grillon qui fait ce bruit si caractéristique :
"tss tss tss tss tss". Ah la Provence, Marseille, Pagnol, Marcel, merci.
Regardez la nuit : elle vous envoie des signaux lumineux subtils et coquets. Avez-vous jamais remarqué que la nuit, les lucioles, les vers luisants et autres lampyridae scintillent également à
l'unisson ? Comme si un mécanisme invisible leur commandait de scintiller en rythme pour vous épater et vous séduire ?
Le jour connaît aussi ses mystères des comportements d'ensemble : regardez ces oiseaux dans le ciel qui volent en groupe et qui, d'un coup, sans raison et sans crier gare ou abribus ou tramway,
changent de direction comme un seul homme ? Regardez ces bancs de poissons qui s'unissent en un instant contre le requin agressif...
Ces comportements animaux grégaires n'ont pas d'explication scientifique crédible, rien ne parvient à théoriser les agrégats animaliers, ni leur comportement simultanés. On note toutefois un
besoin de se rassembler dans le but de s'unir contre une menace extérieure : faire peur.
A présent, prenez une grande salle, plongez-la dans l'obscurité, placez-y environ 2000 personnes et un artiste qu'on place sur scène (quel que soit le spectacle hein, j'suis pas regardant). Une
fois le spectacle terminé, les 2000 personnes applaudissent à tout rompre, chacun imprimant à ses applaudissements un rythme et une force qui lui sont propres. Puis, soudain, sans que rien
n'explique cela, la salle frappe des mains en cadence : clap clap clap. Il n'y a pourtant aucun ennemi, ni menace, ni risque palpable...
Puisqu'on parle d'un groupe de personnes intelligentes, on peut estimer qu'au lieu d'un besoin de se rassembler, on exprime davantage une envie d'être ensemble, une satisfaction, un plaisir de se
retrouver, comme si on oubliait un temps notre individualisme pour affirmer communément une joie partagée.
Pour finir cet exposé rapide, faisons un rapide tour du monde des salles de spectacles et jaugeons la rapidité des mains à frapper en cadence. En Europe, la moyenne
pour qu'une cadence commune soit adoptée spontanément est de deux minutes. En Amérique du Sud, en Asie et en Afrique, c'est pratiquement spontané. En Amérique du Nord et en Australie, ça se
traduit davantage par une standing ovationspontanée, la cadence unanime s'installe plus tard mais assez rapide. Or, si on fait un rapport entre cette vitesse de "cadencement" et la
solidarité des peuples frappeurs de mains, on peut penser que plus la population est individualiste et moins elle est prompte à céder son applaudissement personnel au rythme de la communauté.
Finalement, entre la luciole et l'être humain, la frontière est très mince : d'ailleurs, nous ne faisons pas de lumière la nuit.
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