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Jeudi 1 mai 2008

publié dans : Revoir ses classiques
Il l'a écrit ici en réponse au commentaire n°16... alors hein, s'il vous plait, je vous en prie !

par Mister H.
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Lundi 28 avril 2008

publié dans : Revoir ses classiques

Jacques Martin avait souvent l'habitude de souligner le talent d'un artiste qu'il présentait en disant : « C'est un artiiiste maaajuscule ».

Martin pouvait avoir beaucoup de défauts, il faut au moins lui reconnaître une qualité principale : il maniait un français parfait. Or, précisément, le terme « majuscule » n'est pas un substantif : c'est un adjectif. Ainsi, on ne devrait pas dire « une majuscule » mais « une lettre majuscule » ou « un caractère majuscule » pour le distinguer de celui qui n'est que minuscule.

Dans la discipline juridique que vous commencez à maîtriser pas mal, bande de brigands géants, vous êtes souvent confrontés à la délicate question de savoir si oui ou non il faut majusculer un caractère.

Contemplez ce petit lexique des termes usuels susceptibles d'être accentués par un caractère majuscule :

La Cour de cassation (C majuscule pour « Cour » mais pas pour « cassation »).
Le Code civil (C majuscule pour « Code » mais pas pour « civil »).
Le Premier ministre.
Le Président de la République.
Le Conseil d'État (mais l'officier de l'état civil).
L'État.
La Première Chambre civile de la Cour de cassation.
La Cour d'appel de…
Le Tribunal de grande instance de…
Le Conseil constitutionnel.

Si vous faites bien attention à tout ça, vous deviendrez des Z'enfants encore plus majuscules : des Z'Enfants !

par Mister H.
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Vendredi 14 mars 2008

publié dans : Revoir ses classiques

En mon for, je me disais : "Ca fait un bail que je n'ai pas fait un petit point de grammaire pour les Z'enfants".

Aujourd'hui, chères Vous et chers Vous-aussi, un peu de temps pour différencier ce qui relève du pataquès et ce qui relève du simple lapsus. Car à nouveau, c'est quand les langues se prennent les pieds dans le tapis que l'on tombe de surprise à la renverse.

Or, rien n'est plus douloureux qu'une surprise malvenue, surtout quand elle surprend, ce qui, sans être surprenant, est son rôle. Point.

La question vous angoisse, pas vrai ? assoiffés que vous êtes par une culture à portée de main, une culture gentille, accessible, fluette, douceâtre, sucrée, gourmande, fofolle, clatefollement choupique et escabotinement hystéro-glinglin. Votre soif de savoir est bien légitime.

Un lapsus est le fait de remplacer un mot par un autre de façon involontaire. On distingue à cet égard le lapsus linguae pour les remplacements oraux du lapsus calami quand il a lieu à l'écrit. La déclinaison moderne du lapsus calami est le lapsus clavis. Le terme "calami" renvoie à la plume, le mot "clavis" fait référence au clavier, c'est le mot scientifique pour "faute de frappe". Ca arrive à tout le monde de faire un lapsus, les plus célèbres étant oraux, naturellement.

Exemple 1 : Jack LANG, Ministre de la Culture élève Georges MOUSTAKI au grade de chevalier des arts et lettres.

J.L.: "...Cher Monsieur Mousta-cul... euh... ki... Georges MOUSTAKI... oui... pardon..."

Exemple 2 : Charles PASQUA s'adresse en pleine conférence de presse à Edouard BALLADUR en 1995, trois mois avant l'élection présidentielle.

C.P.: "... Merci Monsieur le Présid... euh... Monsieur le Premier Ministre..."

Exemple 3 : C. du groupe 4 nous explique qu'il déborde un peu du cadre du cas pratique de Monica et Chandler.

C. : "... oui, mais là je pense que je fais un peu de la stipulation..."
Mister H. : "Je vous demande pardon ? De la quoi... ?"
C. : "... stipu... non non... spéculation..."
Mister H. : "Oui, ça me semble mieux, vous serez sur le blog cette semaine..."
C. : "Nooon, s'il vous plait... nooooon..."
Mister H. : "Si si.".

Exemple 4 : C. une ancienne Z'enfant de l'an dernier, sur une question relative à la filiation.

Mister H. : "Quels sont les modes de preuve privilégiés en droit de la filiation, l'expertise sanguine, et ?"
C. : "L'empreinte génitale... euh..."
Mister H. : "Vous voulez dire "génétique" ?"
C. : "Oui, voilà..."
Mister H. : "Oui parce que sinon, je ne vous raconte pas la taille du tampon encreur..."

Le pataquès, c'est totalement autre chose. Le terme "pataquès" est d'origine paysanne, issu d'un vieux dialogue qui, à lui seul, suffit à expliquer la teneur de la question. Jugez plutôt (le iench à qui ?) :

- A qui il est ce chapeau ?
- Je sais pas, il est pas t'à toi ?
- Non, il est pas t'à moi...
- Il est pas t'à moi non plus... bah je sais pas t'a qui est-ce.

Le pataquès est également appelé "laison mal t'à-propos". Ca arrive, mais seulement à l'oral. Forcément, à l'écrit, ça n'existe pas. On en fait tous, notamment avec les chiffres quatre et huit. On entend souvent les "quatre z'auteurs du Code civil" ou les "huit z'amis du Docteur Knock"...
Mais le pire pataquès est plus subtil. Plus sournois.

Il est surtout beaucoup plus célèbre.
Ecoutez donc et trouvez le monstreux pataquès dans la chason chanson [Merci Mégan, merci Mister D.] d'Eddy MITCHELL qui n'est qu'une tapette (faudra lui dire).


(E. MITCHELL :  "Le sermon du boogy-woogy")
par Mister H.
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Jeudi 13 mars 2008

publié dans : Revoir ses classiques

A l'issue d'une discussion très sympa avec l'un d'entre vous, qui nous a menés jusque tard dans la nuit, je me suis retrouvé en tête à tête avec Morphée sur les coups de 3h du matin. L'assoupissement fut classique, tourbillonnant, ennivrant, clatefollement choupique et divinement rassasiant de sommeil enfin trouvé.

Autant l'assoupissement n'a pas porté à conséquences, autant je ne peux pas dire de même du réveil. Aux alentours de 6h10, tandis que les premiers rais de Râ tentaient de percer la frontière de mes paupières closes, j'ai été brusquement extirpé de mon dodo par un rêve épouvantable. Un rêve de ceux qui vous laissent moite, transpirant, haletant, suintant et dégoulinant d'une angoisse matinale subversive et handicapante : un cauchemar.

Réel, palpable, goûtu, odorant, pétillant, mon paradoxe cérébral m'a troublé.
Point de monstres dans mon cauchemar. Non, l'expérience universitaire à vos côtés, Z'enfants, m'a montré s'il en était besoin que les monstres, sous des dehors hostiles, sont gentils.
Point de vieux dans mon cauchemar, point de ces horribles enfants mal élevés que Mister D. (mon N'héros yotal) et moi-même pourfendons de nos acerbes plumes acides et incandescentes.
Rien d'angoissant, rien de flippant, rien qui puisse faire peur, rien qui puisse troubler.

Je me trouvais en sympathique compagnie dans un lieu fantasque aux allures charmantes. J'étais accompagné de mon Pote Fondamental et nous célébrions ensemble une occasion sans importance, une coupe de champagne à la main.
Le coeur de mon cauchemar réside entre les bulles de ce breuvage doré : c'était un mauvais champagne.

Fin du rêve, sursaut angoissé, réveil courroucé. 

Quoi ? Moi ?! Du mauvais champagne ?! Jamais ! Grande et douloureuse était ma surprise. Il était temps (petit navire) que je prisse le mors au dents et que j'en avisasse les Z'enfants et les Z'enfants. Alors pédons ensemble, soyons festifs : apprenons à choisir un bon champagne et à le déguster.

Ooooh, je vois déjà poindre les premières questions, notamment celle du prix ! Je dis non ! Je dis même "Niet" ou "no", ou encore "nein" ou "nada" ou rien d'autre... Vous pouvez déguster un excellent champagne à partir de 15 € la bouteille, à condition de savoir où le chercher.
Ma démonstration se déclinera sur deux axes de réflexion, en cherchant d'abord ce qu'il faut boire (I) avant de savoir comment le boire (II).

I - Que boire ?
Le choix de la bouteille est primordial ! Dans ces conditions, il faut savoir où trouver un bon champagne (A) avant de voir comment choisir une bonne bouteille (B).

A) Où trouver un bon champagne ?
La réponse est très simple, on peut trouver un bon champagne partout.
Cependant, plus la surface de vente est importante et plus le risque de choisir, involontairement, un mauvais champagne est grande. L'offre est multiple dans les enseignes de grandes surfaces, et la tentation est fréquente de délier la bourse pour acheter à vil prix une bouteille tentante. On a souvent l'impression qu'en y mettant le prix, on se garantit un bon breuvage : c'est faux.
Si vous allez chez un caviste, il aura l'avantage de pouvoir vous conseiller. A condition que ce caviste soit diplômé en oenologie (prononcez "énologie" merci). Dans le cas contraire, vous tomberez sur un commercial qui verra en vous un gogo, gentil, et peu rétif à la dépense dès lors qu'elle est justifiée par des phrases absconses et inutiles.
Si vous avez l'occasion, allez directement en Champagne et faites le tour des maisons. De même que le droit n'existe pas sans la confrontation des esprits, le goût n'est rien sans l'exercice du palais. En outre, la Champagne à l'Automne est un régal pour les yeux et pour le nez, c'est une région qui fleure bon le bois mouillé et la feuille morte, le champignon rare et la mousse tendre. Cependant, si vous allez vous fournir à la source pétillante du nectar merveilleux, il est rare que les maisons vendent à l'unité les flacons de votre ivresse. Faites des commandes groupées : prévenez vos amis, et achetez une ou deux caisses...

B) Comment choisir une bonne bouteille ?
Alors, il y a un "truc" que peu de personnes connaissent : la catégorie du champagne. Sur l'étiquette de la bouteille, vous trouverez (généralement tout en bas) deux lettres. Elles représentent le statut professionnel du producteur. Du meilleur au moins fameux, voici la classification. Si ces deux lettres sont absentes : ce n'est pas du champagne !

RM signifie "Récoltant manipulant". Ce sigle représente le cas de ceux qui produisent, récoltent et préparent leur propre vin avec leur prore raisin. Ce sont généralement de petits producteurs et la qualité de leur vin est souvent liée aux aléas climatiques. Ainsi, parfois, ce sont d'excellents champagnes et parfois des champagnes médiocres. Sauf dans des cas
rares où ils diposent de suffisamment de terrain pour pouvoir gérer les aléas météorologiques. Cette catégorie supérieure n'est pas trouvable en grande surface. Mais si vous faites le déplacement en Champagne, vous le trouverez à un prix bien moindre que la pire piquette buleuse du supermarché du coin.

NM signifie "Négociant manipulant" . Il s'agit de maisons qui préparent leur vin à partir de leur propre récolte ou du raisin d'autres vignerons. La qualité de ce champagne est excellente et stable. On le trouve en grande surface sous de grandes marques (
Mumm, Cliquot-Ponsardin, Canard-Duchêne...)

CM signifie "Coopérative de manipulation". Il s'agit d'un vin préparé par une coopérative de vignerons qui mélange les différents raisins, sans chercher la qualité. C'est un vin de qualité moyenne, parfois vendu très cher.

Les catégories qui suivent ne réprésentent pas un bon rapport qualité-prix. On achète souvent cher les bulles très grosses (du gaz carbonique, CO2) et le verre (Silice, SiO2), ce qui fait cher le dioxygène, salut Aude !
RC signfie "Récoltant coopérateur". Le viticulteur confie ses raisins à sa coopérative pour qu'elle élabore le vin, puis récupère tout ou partie des bouteilles terminées pour les commercialiser.
SR signifie "Société de récoltants". Assez rare, le plus souvent familiale, elle élabore et commercialise en commun.
ND signifie "Négociant distributeur". C'est un négociant qui achète des bouteilles terminées à d'autres opérateurs, et les commercialise sous sa propre marque. 
MA signifie "Marque d'acheteur". Un commercialisateur a demandé à un négociant d'apposer sa propre marque sur des bouteilles qu'il a achetées. Produit le plus souvent ordinaire et de qualité gustative très moyenne, très médiocre...

Divers-071.jpg
(Sigle "RM" en bas d'une étiquette de champagne Bauchet)

II - Comment boire ?
Quand on sait la dûreté du métier de vigneron et la rage que ces hommes ont au coeur pour mettre autant de bonheur dans des flacons aussi mignons, on doit considérer que boire du champagne exige un doigt de respect dans une grande dose de bonheur. Donc, on ne le boit pas à n'importe quelle température (A), ni n'importe comment(B).

A) A quelle température servir le champagne ?
La réponse du spécialiste : froide. Voilà, bien avancé !
Le température doit avoisiner les 6° pour un champagne jeune et les 10° pour un millésime. Le must, le top pour rafraichir une bouteille est de la laisser une trentaine de minutes dans un seau à champagne (beaucoup d'eau et peu de glace). On n'a pas tous ça à la maison. Renoncez au congélateur du dernier moment qui ne rafraichit pas, mais qui refroidit brutalement, les qualités gustatives sont souvent maltraitées. Si vous avez envie de boire un champagne à bonne température, placez-le le matin dans le bac à légume du réfrigérateur, il sera idéal le soir.

B) Comment bien boire un bon champagne ?
Bien boire un champagne relève d'une alchimie qui fait intervenir trois éléments. D'abord la conservation de la bouteille (1), ensuite le contenant du breuvage (2) et enfin l'accompagnement du vin (3).

1. Conserver une bouteille dans de bonnes conditions.
Ce conseil vaut pour tous les vins : ils ne se conservent pas debout, mais uniquement couchés. En effet, si vous laissez une bouteille debout, le bouchon (quelle que soit sa composition) sera en contact avec l'air de la bouteille. A ce contact, le bouchon s'oxydera et risquera de se désagréger au moment de l'ouverture. De toutes façons, son oxydation altèrera la qualité de votre vin.

2. Le contenant.
J'ai longtemps aimé boire le champagne dans des coupes. L'histoire de la coupe de champagne remonte à la cour du roi Louis XV qui avait demandé aux maîtres verriers de Versailles de prévoir un verre de cristal qui aurait la forme de la mamelle de la Comtesse de Pompadour. En fait, c'est une hérésie de boire le champagne là-dedans, car la surface en contact avec l'air est très importante. De ce fait, le vin se réchauffe très vite, perd très vite ses bulles et s'oxyde avant même que la coupe soit bue. Préférez un verre fin tel qu'une flute. A défaut de flute (que vous pouvez trouver à 1€ la demi douzaine chez Ikéa), un verre classique sera toujours mieux qu'une coupe.

3. L'accompagnement.
Le champagne est un vin définitivement à part. Contrairement aux autres nectars, ce n'est pas lui qui accompagne le plat, c'est le plat qui l'accompagne. Sortez des sentiers battus. Présentez-les avec des plats originaux. Et pourquoi pas un repas au champagne ? Un brut pour l'apéritif, un extra-brut (peu de sucre) pour un poisson cru ou des fruits de mer, un champagne rosé pour les viandes ou les fromages, et un sec ou demi-sec (sucré) pour les desserts ?
Quel que soit le choix de votre champagne, ne l'euthanasiez pas avec un sirop quelconque, c'est aussi criminel que de mettre du coca ou du perrier dans un bon whisky.
Quant à la question rituelle : "à quelle occasion boire du champagne ?", sachez-le, Z'enfants, il n'y a aucune occasion particulière pour ça. Le plaisir n'a rien d'exceptionnel. Donc à la question "pourquoi boire du champagne ?" je répondrais sans forfanterie : "Et pourquoi pas ?"...


Voilà, c'est tout : la prochaine fois, nous verrons ce qu'on peut faire d'un médiocre champagne.



Alors, HD-Ready ne vous avait-il pas promis une
année pétillante avec "des bulles de champagne" ?

par Mister H.
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Vendredi 7 mars 2008

publié dans : Revoir ses classiques

Quand j'étais petit, vous parlant d'un temps que les moins d'un certain temps ne peuvent pas connaître, je regardais "Des chiffres et des lettres", cette émission culturelle entre toutes avec mon père (ce héros au regard bleu-acier insoutenable). Or, à chaque fois qu'un "T" était tiré par Patrice LAFFONT, j'avais droit à une épouvantable séance de chatouilles... l'horreur. A vie, j'ai été marqué par cette distinction fondamentale entre les chiffres et les lettres.

La séance consacrée au effets du mariage a permis à M. (celui que l'on peut désormais appeler "M-le-Malicieux") de briller à nouveau par son esprit monstreux. Je vous laisse apprécier le dialogue :

Mister H. : Quelle différence existe-t-il entre la solidarité de l'art. 220 du Code civil et la contribution à la dette de l'art. 214 ? En somme, quelle différence faites-vous entre le 220 et le 214...

(Et là, tapi dans l'obscurité propice du premier rang de la salle, ourdissant son petit sourire sadique, chuchotant à l'extrème à l'oreille de sa voisine, pensant ne pas être entendu...)

M-le-Malicieux : Six...

J'étais certain qu'il dirait ça, j'aurais pu le prédire.

Mais là n'est pas mon propos, car, bizarrement, cette semaine, sur le plan oral, vous avez été super zen. Si je viens vers vous ce matin de mars frileux et gris, c'est pour vous parler, à nouveau, de cette distinction fondamentale entre les adjectifs ordinaux et les adjectifs numéraux. Car le groupe 3 a subi une interro surprise où j'avais mêlé des adjectifs ordinaux et des adjectifs numéraux.

Donc, chères Z'enfants et chers Z'enfants, on prend un cahier, on prend un stylo et on note.

Les adjectifs numéraux sont ceux qui renvoient à une idée de nombre, une idée de contenu, une idée de compte. Ainsi, il y a vingt personnes de vingt années dans une pièce de trois mètres sur douze. Chaque adjectif est ici un adjectif numéral puisqu'il traite à chaque fois d'un contenu. Dans ces conditions, par convention, on l'écrit en toutes lettres.

A l'inverse, les adjectifs ordinaux sont ceux qui indiquent un ordre, un classement, une classification. Ainsi, en mars 2008, le 26 du mois, deux-cent-cinquante étudiants de Licence 1 subiront une épreuve de deux heures dans laquelle ils n'utiliseront pas l'art. 190-1 du Code civil (car il a été abrogé par la loi n°2003-1119). Les adjectifs ordinaux peuvent être remplacés par le quantième correspondant à leur nombre. Ainsi, le 26 mars 2008 correspond-il au 26ème jour du mois de mars de la 2008ème année du calendrier grégorien. De même, l'art. 1514 du Code civil est-il, au choix, le 1514ème ou celui qui porte le numéro 1514. Les adjectifs ordinaux peuvent être écrits en chiffres... on gagne du temps, c'est certain. Sauf dans certains documents officiels tels que les actes de l'état civil où les dates sont reprises en toutes lettres.

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. En guise de cadeau, je vous ai réservé une surprise qui vous comblera de bonheur et de douce joie extatique juvénile. Vous pouvez cliquer
ici.

par Mister H.
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Vendredi 8 février 2008

publié dans : Revoir ses classiques

Des fois les séances de travaux dirigés dérapent. On ne sait pas pourquoi, c'est comme ça, c'est la magie des TD, on aime ou ou n'aime pas, c'est comme ça, ça ne se discute pas. De toute évidence, je suis un pion, je marche, je cours, je vibre pour vous.

Mais parfois, je ne peux pas vous suivre complètement. Alors, groupe 7, on reprend.

Présentation de l'arrêt : Cet arrêt du 4 janvier 1995 prononcé par la première Chambre civile de la Cour de cassation traite de la réparation des ruptures des fiançailles...

Jusque-là, tout va bien. C'est vrai : tout va bien, aucun souci, vous êtes balaises... C'est après que ça se Drôme... non... que ça se Alpes-Maritimes... non... que ça se Corse. oui, ça se Corse !

Le résumé des faits : Madame Benoit et Monsieur Goetchy... 

Hein ?

... Monsieur Goetchy ...

Qui ça ?

... GOETCHY !

Alors, la question du jour : "Comment prononcer l'
œ ?"
Bah alors, ça c'est une question qui déchire tout ! Youuupi, je crois bien que tout le monde a décroché.

L'
œ se prononce [é] et non [eu]. Alors luttez !

On dit [é]dipe et non [eu]dipe.
On dit [é]dème et non [eu]dème.
On dit [é]sophage et non [eu]sophage.
On dit [é]cuménique (c'est le Printemps) et non [eu]cuménique (c'est le Printemps quand même).

En fait en latin, il y avait deux doubles voyelles. Il y a l'
œ et l'æ. C'est pas évident-évident à transcrire en français moderne, alors on a vite choisi de remplacer la première double-voyelle par un "é" et la seconde par un "è" (comme dans "ex æquo"). D'où l'accentuation diacritique moderne avec les sons phonétiques qui en découlent.
La double-voyelle "
œ" se prononce [eu] quand elle est suivie d'un "u". Exemple "œuvre" ou "œuf".

Vous ne dites pas un f[eu]tus mais bien un f[é]tus. Alors hein ?

Quant à Monsieur Goetchy, aucun intérêt, son "e" n'est pas dans son "o"... c'était un l[eu]rre.

par Mister H.
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Lundi 28 janvier 2008

publié dans : Revoir ses classiques

Il est déjà huit heures ce lundi 28 janvier 2008 au matin et les plus hardis d'entre vous m'affrontent en ce moment en TD et se gargarisent de ma douce voix chantante.

Petits veinards !

Tandis que, joyeux et souriants, vous reprenez le chemin de l'école, laissez-moi vous entretenir un petit moment sur les genres.

Les genres sont une façon grammaticale de distinguer ce qui est féminin de ce qui est masculin. Les déterminants, les pronoms, les adjectifs subissent naturellement l'influence du genre grammatical. 

C'est pas super clair hein ? Soit... exemplons un peu.

Le mot "soupape" est un mot féminin. On dit donc une soupape ou, si on est très poli
une sous-papesse.
La même règle s'impose pour le mot "aigle" on dit donc une aigle. Enfin, ça dépend. Si vous parlez de l'aigle qui trône majestueusement aux cîmes de nos plus fières montagnes : c'est masculin. En revanche, si vous parlez de l'aigle qu'on voit orner nos drapeaux ou nos blasons, c'est féminin. Donc on dit "un aigle royal" mais "une aigle impériale" et le genre ne change pas en fonction de la dignité, hein, suivez un peu !

Et là, je vois que vous vous dites : c'est comme l'escargot !
En fait l'aigle est un escargot, tantôt homme, tantôt femme !
Je dis non ! Je dis non non non ! Vous avez déjà vu un(e) aigle avec une coquille ? Bon, oui, quand il fait un tournoi de boxe, l'aigle peut avoir besoin d'une coquille pour éviter de se prendre un coup dans les parties, mais sinon...
Aaaah, "partie" voilà encore un mot bizarre. C'est un mot parfois masculin, parfois féminin.

Si je dis : "François Hollande prend le parti [masculin] de Ségolène", ça fait bien.
Si je dis : "François Hollande prends les parties [féminin pluriel] de Ségolène", ça fait hyyyper mal et hyper bizarre aussi quand même...

Donc, merci d'être vigilant dans l'accord des adjectifs.

N'écrivez plus : "Code civile" mais "Code civil" ou "des grandes tentacules" mais "des grands tentacules" ou encore "des lourdes haltères" mais "des lourds haltères" (inutile de préciser, en principe, un haltère est forcément lourd, sinon il ne sert à rien).

Pour compléter cette leçon de grammaire élémentaire, je reviendrais rapidos sur trois mots de la langue française qui sont masculin au singulier et féminin au pluriel : amour, délice et orgue.

J'exemple :

"Un grand amour" [masculin singulier] mais "des grandes amours" [féminin pluriel].
"Un bon délice" [masculin singulier et pléonasmique en plus] mais "les douces délices" [féminin pluriel]
"Un bel orgue" [masculin singulier] mais "les grandes orgues de Notre-Dame" [féminin pluriel].

Enfin, pour vous achever complètement en même temps que la leçon du jour, le mot "gens".
Ce mot est forcément pluriel (on ne dit pas "Ah, j'ai vu un gens dans la rue, il avait l'air idiot". Non, on ne le dit pas !)
Le mot "gens" a un genre particulier, selon que l'adjectif qui le qualifie se trouve avant lui ou après lui. Si l'adjectif est avant, il est féminin, s'il est après, il est masculin.

J'illustre :

"Des sottes gens" [avant donc féminin]
"Des gens amusants" [après donc masculin].
L'un dans l'autre, on peut délirer : "des sottes gens amusants" et hop, on a tué un grammairien.

Ne perdez jamais de vue que l'usage de la langue est le meilleur moyen de différencier les sexes !

(Et je n'en dirais pas plus)

par Mister H.
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Mardi 8 janvier 2008

publié dans : Revoir ses classiques

Avez-vous jamais demandé à Google ce qu'il entendait exactement par "zanzisme" ? Or, peut s'en faut, si vous tapez "zanzisme" sur le tentaculaire moteur cybernétique de recherche, vous arriverez sur cette page-là. Donc, autant être clair, pour le commun des mortels, c'est-à-dire pour les milliards d'individus qui ne lisent pas ce superbe e-journal, la notion de "zanzisme", ils s'en foutent.

Mais vous, curieux Z'enfants, toujours à l'affût d'une nouveauté intellectuellement valorisante, vous dont les connaissances n'ont d'égale que l'immense culturation dépravatrice féline, vous dont la sagacité est à l'esprit ce que le fer est à repasser, vous m'interpellez de votre acuité cérébrale féconde : "Hey Mister H., dites-nous c'est quoi un zanzisme sivouplé".

Un jour, vous verrez, j'apprendrai à dire "non". Chanceux que vous êtes, ce n'est pas aujourd'hui !

Vous avez trouvé le "zanzisme" au bas de cet
article-ci, de celui-ci, et encore de celui-là. Si vous avez eu la curiosité de parcourir les blogs qui sont nos (p)références, vous avez aussi trouvé  un article dont l'auteur pense avoir écrit un "zanzisme" alors qu'en fait : non.

Alors reprenons : un "zanzisme" un vrai, un authentique, un breveté, c'est quoi ?
Un "zanzisme" est une courte locution, généralement facile à retenir, spontanée et irréfléchie, qui se propage rapidement et qu'on ressort à tout bout de champs. 
Le "zanzisme" est au discours, ce que la ritournelle est à la chanson : on a du mal à se l'enlever de la tête.
L'étymologie du "zanzisme" est un peu compliquée. Selon certains, l'origine s'appuierait sur le fait que ces petites locutions rapides proviennent des habitants de
Zanzibar. Pour d'autres auteurs, non moins réputés, ce serait complètement autre chose, mais là, voyez, j'ai pas l'temps... j'suis un peu pressé comme un lavement (ah ben, ça, voyez, c'est un "zanzisme").

Des exemples ? Mais avec joie ...

Exemples :

"C'est la baise Thérèse" est un
zanzisme

"Avoir la cafetière entartrée" est un zanzisme

"Détendez-vous des pattes arrière" est un zanzisme

"Se creuser le beignet" est un zanzisme

"C'est la fête du slip à Copenhague" est un zanzisme

"S'exploser la citrouille" est un zanzisme

"Pigex, tampongex ?" est un zanzisme

"Se scier le bol" est un zanzisme

"Viens à la f'nêtre que j'te..." est un zanzisme

"Va manger ta mère" est un zanzisme

"Être pressé comme un lavement" est un zanzisme



Et j'en passe volontairement, et des pires... mais je ne doute pas que certaines âmes charitables y feront référence en commentaires nombreux... 


Bientôt, sous vos applaudissements : "l'habitat et le mode de vie du castor-tampax".

par Mister H.
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Jeudi 6 décembre 2007

publié dans : Revoir ses classiques

J'ai eu à traiter ce sujet le 13 mars 2001 dans le cadre d'un séminaire hautement palpitant de "problèmes judicaires contemporains" en compagnie d'une (déjà) de mes excellentes amies.

Je suis conscient que pour la plupart des mortels, le mot même de "rhétorique" n'évoque rien, sinon un douloureux problème digestif, intestinal ou gastro-oesophagien. Or point ! La rhétorique, sachez-le, est "l'art de bien parler et d'utiliser dans un discours tous les moyens propres à rendre celui-ci convaincant à défaut de le rendre persuasif".

Je ne voudrais pas donner le sentiment d'enseigner jusqu'aux limites improbables du net, mais il faut reconnaître que généralement, la faculté de convaincre n'est pas présente dans vos copies. C'est triste. Car n'en doutons pas, n'en doutons jamais, c'est dans le style que les ultimes points se gagnent, ceux dont on se dit fier, ceux qui emportent l'adhésion de l'examinateur, ceux qui tarissent d'un coup le stylo rouge acide d'une correction parfois un peu âpre. Car quand le stylo ne trouve rien à écrire, c'est souvent que le correcteur n'y trouve rien à dire. Et quand c'est comme ça, c'est bon pour vous.

Surprendre son examinateur, le faire sourire, l'émouvoir pourquoi pas, c'est parfois le défi que vous vous imposez. Grands fous ! Je ne reviendrai pas ici sur l'étonnante faculté dont vous disposez pour m'interloquer littéralement. Allez plutôt voir
ici, ou ou encore . Parlons peu, parlons mieux, soyons convaincants, laissons-nous griser par le zeugma, l'épanadiplose ou l'anacoluthe.


Le zeugma, c'est sympa !

Le zeugma (en grec : ζεῦγμα) n'est pas un gros mot. Non, six (numéral) fois non ! Non ! Non ! Non ! Non ! Non ! et même Non ! C'est une tournure de style qui consiste notamment à rattacher à un même élément deux notions qui n'ont rien à voir ensemble.

Exemples :
"A sa vue troublante, il se prit d'amour pour elle et la porte dans la tronche"

ou :

"Lorsqu'il comprit son erreur, il préféra entrer dans sa maison et dans une honte insondable"

ou bien sûr (de Pierre DAC) :

"Ils s'enfoncèrent, l'un dans la nuit, l'autre un clou dans la fesse droite"

Cet effet de style provoque chez le lecteur un sentiment de trouble à la lecture de vos propos. Désarçonné, il doit revenir sur votre phrase pour essayer de la comprendre. L'effet attendu est un sourire.


L'épanadiplose, c'est grandiose !

L'épanadiplose n'est pas une position acrobatique du kama-sutra. Non, je dis "non !". C'est une tournure rhétorique qui consiste à terminer une proposition de la même façon qu'on la commence. C'est sympa.

Exemples : (vous suivez au fond ?)
"L'homme est un loup pour l'homme"

ou :

"La sauterelle est une rotocultrice pour la sauterelle"

ou encore : 

"Le castor-tampax est un tampon-encreur pour le castor-tampax"

Il faut reconnaître que sur une proposition rapide, c'est joli. Quand l'ouvrage fait 275 pages, ça n'a aucun sens dans la mesure où, arrivé à la fin, on a vite fait d'oublier le début. Donc, joli, mais oubliable.


L'anacoluthe, ça me met en joie !

L'anacoluthe (en grec ancien : ἀνακόλουθον) n'a aucun intérêt pédagogique. Pourquoi en parlé-je ? Je ne sais pas, ça m'arrive des fois de parler de trucs sans intérêt. Je trouvais le mot joli. "anacoluthe" c'est sympa. Je ne dis pas qu'on peut l'utiliser dans les soirées mondaines, mais ça pète bien quand même.
On imagine la soirée pompeuse à mourir, et une personne cite PASCAL : "Le nez de Cléopâtre, s'il eût été plus court, toute la face de la terre aurait changé", c'est là que vous intervenez : "Oh, la belle anacoluthe".

Ensuite, prenez votre pardessus et filez, vous êtes devenu la risée de toute la tablée.

 

Notez ce dernier mot de BOSSUET pleurant la mort d'Henriette d'Angleterre : "Madame se meurt, Madame est morte..."
... tada, tada, tada, tadammm (mais là tout le monde ne peut pas comprendre)

par Mister H.
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