Aujourd'hui, je suis allé déjeuner dans un restaurant asiatique, vietnamien pour être précis.
J'ai des joies simples, j'aime l'exotisme des mets d'extrême orient, les surprises que réservent parfois les menus, les saveurs piquantes et colorées, les goûts toujours originaux et mêlés dans
des plats aux noms si soigneusement choisis: n°27, n°58... aaaaah, le n°58!
Seulement voilà, j'ai une théorie sur les restaurants asiatiques.
Comme beaucoup de théories, elle est fondée à la fois sur des statistiques et sur des préjugés.
Or il se trouve qu'en matière de cuisine exotique, orientale pour être précis, j'ai découvert une curieuse coïncidence: plus la décoration du restaurant rend aveugle, dans une débauche de dragons
de jade, de dorures, de fresques et d'estampes toutes plus colorées et brillantes les unes que les autres, en d'autres termes plus l'ambiance est "authentiquement" asiatique, moins la nourriture
est goûtue.
C'est frappant.
De même, et ça va souvent avec, plus le menu est épais, les numéros des plats s'alignant comme les calculs d'un expert-comptable surchargé à la veille de la date limite de dépôt des déclarations
de revenus de clients en délicatesse avec la loi fiscale, et plus le risque de se planter et de choisir quelque chose (un n°34, par exemple.... grave erreur, le n°34) de pas bon s'élève.
C'est troublant.
Qu'en était-il du restaurant d'aujourd'hui?
Planqué au fin fond d'un quartier excentré de Rennes, la devanture ne paye pas de mine. En entrant, la déco est quasi-inexistante, et moche.
Tout se présente bien pour le moment!
Un oeil sur le menu: il tient sur une double page A4 plastifiée, pas un numéro en vue, mais les noms des plats accompagnés d'une brève description.
Statistiquement, je vais donc bien manger.
Et oui! Un pho suivi d'un bo boon, excellents, épicés juste ce qu'il faut, bref, ce fut un régal pour les papilles.
Mais à la limite, on s'en fout un peu. Ce qu'il y avait de remarquable, dans la déco quasi-inexistante de l'échoppe, c'était précisément qu'elle était seulement quasi-inexistante.
Par-ci, par-là, pendouillaient d'exotiques petites choses en osier, dont le sens m'échappait. Intrigué, j'avisai la serveuse pour lui demander, avec un sérieux inébranlable, de quoi il
s'agissait.
Il paraît que c'est "pour la pêche"... mais jugez plutôt (la vague connaissance de Rintintin):







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