Cette semaine, HD-Ready a le regret de vous annoncer, à nouveau, le décès de l'animateur-chanteur-parolier-écrivain Pascal Sevran.
Oui, encore.
C'est d'ailleurs devenu une spécialité sur ces pages: le double décès de personnalités télévisuelles.
Vous avez aimé Gregory?
Vous avez adoré Steevy?
Vous allez caramélifondre pour Pascal Sevran, qui vient, à nouveau, de quitter le plancher des vaches pour partir dans la grande prairie... pour de vrai cette fois-ci. L'animateur préféré des
français morts est décédé, encore, des suites d'un cancer du poumon, à l'âge de 62 ans.
Qui a dit "kof kof bleuarg"?
Rendons z'hommage à l'artiste et, accordant notre oreille sur la si douce et ennivrante mélopée des haubans du pont de Normandie, fendons-nous d'un symphonique et choral "bleuaaaaaaa (andante
cantabile) -kof, kof- aaaaaaa (molto agitato) AAAAAAARG (coda).
Pascal Sevran était un homme, mais plus qu'un homme, c'était une vocation.
La vocation de la chanson française, du bon goût et de l'élégance gauloise.
Né à la Libération, d'origine semi-espagnole, sa jeunesse fût marquée par les récits héroïques de la Guerre d'Espagne. La lutte vaine des républicains, les chants patriotiques le marquèrent tout
petit.
Encore adolescent, il fréquentait déjà assidument le petit conservatoire de Mireille, apprenant tel une éponge dans un seau d'eau tous les standards des années 60. 1860.
Malheureusment, un accident de tondeuse (il était également garçon-coiffeur) devait mettre un terme prématuré à sa carrière de chanteur à cheveux. C'est à cette époque qu'il adopta, pour ne plus
jamais la quitter, la mini-vague blonde au-delà du raisonnable qui devait le rendre reconnaissable entre tous.
Fier, armé d'un bagage culturel phénoménal lié à ses conversations toujours passionnées autour d'une permanente ou d'un petit balayage mauve, il se dirige très vite vers la télévision, sa
deuxième passion, sa deuxième maison. Ne parvenant pas à y entrer, le poste installé dans sa chambre de bonne parisienne étant de dimensions trop réduites, il décide alors, un beau jour de 1974
de rencontrer Dalida.
Et y parvient.
Fou de joie et de bonheur mêlés, plongé, avec difficulté mais plongé quand même dans le regard si typiquement strabique de l'inoubliable interprète italo-disco-égyptienne, Pascal lui dédie une
chanson. C'est la gloire, le succès, Il venait d'avoir 18 ans cartonne dans les bacs que c'en est pas croyable. Tous les interprètes à vision contrariée (même Sartre, soudain inspiré par
la chanson populaire après une scène terrible avec son épouse suite à un différend jamais résolu, quoi qu'en disent les biographes officiels, à propos de l'appartenance réelle ou supposée au
capital anti-marxiste de la porcelaine de Limoges; en réalité, la dispute, exaltée et généreusement érotique, prit fin lorsque Simone de Beauvoir, de rage devant l'opiniâtreté de son philosophe
d'époux, brisa la dernière pièce du service que sa mère avait apporté à sa dot) se ruèrent sur le parolier, qui devait rester fidèle à Dalida.
Surfant sur la mini-vague du succès, Pascal décroche enfin, en 1984, sa propre émission à la télévision.
C'est La Chance aux chansons, qui apportera d'innombrables interprétations à la télévision française pendant dix-sept ans, ponctuées, aux heures creuses, d'apparitions toujours
remarquées de stars mondiales comme Yvette Horner (37 passages), Mireille Mathieu (58 passages) ou encore Alliage (inexplicablement, 1 passage).
Mais Pascal l'insoumis, Pascal le révolté, veut également déverser sa haine de cette société capitalo-individualiste seulement intéressée par le rock et autres musiques de sauvages, au-delà de la
haute subversivité de son émission. Il écrit alors, inlassablement, exhortant les masses, brûlant symboliquement les oripeaux d'une culture en déliquescence et réveillant ainsi les plus
léthargiques de ses téléspectateurs nonagénaires.
On compte, parmi ses oeuvres majuscules, l'inestimable Vichy-Dancing, relatant de façon surréaliste, afin de choquer (et il y parvient sans mal) les folles soirées, pleines de swing et
de schnapps, de bourrées bavaroises et de mains sur le coeur, du Maréchal. Humaniste, auteur, en un mot artiste, ses clignements d'yeux convulsifs resteront pour longtemps dans l'esprit des
français.
Pascal Sevran n'est plus. A qui le tour?





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