Il existe certainement une forme de loi mathématique sur les improbabilités. Une loi qui énoncerait que « moins un événement est prévisible et plus il a de chance
d’arriver ».
Je pense que cette loi mathématique expliquerait avantageusement comment il arrive autant de choses épouvantables à Jack BAUER dans « 24h », ou aux frères
fugitifs dans « Prison break », ou encore à Jarod dans « Le caméléon » (ou même à Tony dans « Madame est servie »). Car la réalité est
dans la fiction et jamais on ne vit scénarii plus improbables que dans ces séries-là.
Examinant ma propre situation, j’en venais à me poser la question de l’existence de cette loi. Quelle chance y avait-il pour que je surveille l’an passé une épreuve de droit
public (hurk)?
Quelle probabilité existait-il pour que je surveille l’an passé, une épreuve de droit constitutionnel (huuurk) particulièrement pauvre en surveillants pour que, à la rescousse de
mes estimés collègues, soient appelés Mister D. et moi-même ?
Quel hasard pouvait faire que, à l’occasion de cette surveillance, je fasse connaissance avec Mister D. dont je n’avais que peu entendu parler ?
Pour ainsi dire : aucun.
Et pourtant, c’est là, dans un amphi saturé d’hormones volatiles et d’austères pensées constitutionnalistes (huuuuuurk) que nous avons lié amitié.
Quelques jeux de mots nazes, un goût partagé pour les espiègleries friponnes et les TD délirants, et voilà qu’en peu de temps il devenait ma lumière, tandis que je m’évertuais à me
tapir dans son ombre.
Mais las, le 10 juillet approchait, et nous devions déjà faire le deuil d’une rencontre trop brève, car de nos délires, plus jamais il ne serait question.
C’était sans compter sur, une nouvelle fois, la loi des improbabilités qui nous offrit, une année de bonus. Comme s’il existait une prime à ceux qui ne se sont pas rencontrés assez
tôt pour profiter d’un peu de temps supplémentaire afin de rattraper celui qu’ils ont perdu.
Lors, 2007 – 2008 s’ouvrait à nous et nous donnait la chance d’étrenner nos tampons en même temps qu’elle m’offrait l’occasion de mieux cerner mon compagnon-de-rires haut en
couleur.
Certes est-il sérieux. Mais ce trait factice de sa personnalité se limite à la monture de ses lunettes. Car derrière ses verres transparents se cache un regard malicieux qu’un
enfant de dix ans ne renierait guère. Tout en culture cinématographique, tout en verbe fin, tout en connaissance de la musique et des vins, voyageur, blagueur, attentif à ses étudiants qui furent
naguère les miens, il virevolte de mots savants, de rires sauvages et d’anecdotes fracassantes pour, pêle-mêle, enseigner, distraire, amuser, partager, divertir, apprendre, offrir, donner,
prendre…
Il m’a été donné à plusieurs reprises de dire combien j’aimais la faculté de droit du Mans pour ses étudiants, pour son personnel administratif et pour la chaleureuse confiance que
m’ont accordé les enseignants sous la responsabilité desquels j’enseigne depuis plus de deux ans.
Qu’il me soit donné ici de dire qu’en plus d’avoir des étudiants formidables, j’ai un ami exceptionnel, et que je ne doute pas que grâce à lui, les mots « année
universitaire » rimeront certainement avec « amitié sincère ».
Car Mister D. est mon ami.
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